R
ien, à priori, ne semblait rapprocher ces deux géants du
I
er
siècle après J.-C. que furent Sénèque et saint Paul.
Quoi de commun, en effet, entre le philosophe qui joua le rôle déterminant sous l’Empire romain, précepteur de Néron et figure majeure du stoïcisme, et l’apôtre qui, après sa conversion sur le chemin de Damas vers l’an 34, répandit « la Bonne Nouvelle » dans tout le bassin méditerranéen ?
Ŕ partir de leur échange épistolaire, dont il ne reste que quatorze lettres — que cette correspondance soit authentique, comme saint Jérôme et saint Augustin le pensaient en leur temps, ou soit l’œuvre d’un habile faussaire —, Joël Schmidt se propose de retracer l’histoire de la probable amitié qui lia les deux hommes. En recomposant les vies parallèles des protagonistes, en comparant les
Épîtres à Lucilius de Sénèque et celles adressées aux communautés chrétiennes par Paul, il relève bon nombre d’analogies troublantes, qui attestent d’une indéniable convergence spirituelle entre le stoïcisme tardif et le christianisme naissant.