Biographie

Né en 1937, ses premiers souvenirs remontent à juin 40, et son enfance, passée sous l’occupation allemande, dans le même appartement qu’il habite toujours, près du Sénat investi alors par l’État-Major de l’Air allemand, lui a donné le goût irrémédiable de l’histoire et de ses drames. Il a eu la chance de trouver dans son berceau de nombreux cadeaux : un père universitaire et homme de lettres qui lui a ouvert sa culture et sa bibliothèque. Revers de cette riche médaille, un sentiment d’inutilité que Joël Schmidt a éprouvé au cours de ses études, puisque chez lui on trouvait tout et beaucoup mieux en connaissances que ce qu’on prétendait vous apprendre dans les enseignements officiels. D’où une scolarité difficile qui l’a conduit fort tard à l’université où, enfin seul face à lui-même (éthique protestante implicite !), il a passé sans difficulté une licence d’histoire et de géographie et une maîtrise d’histoire.

Ce goût de l’indépendance s’est manifesté dans une carrière d’écrivain (il est l’auteur d’une trentaine de livres, histoire, romans, essais, biographies), de critique (il est chroniqueur littéraire depuis 1966 à l’hebdomadaire protestant Réforme), et d’éditeur, comme lecteur dans de nombreuses maisons d’édition, comme membre du comité de lecture des Éditions Albin Michel – une réunion par semaine – ayant son bureau chez lui, maître et organisateur de son travail et de son temps, où il reçoit et conseille les écrivains.

Avers de ce goût pour l’indépendance et la liberté – ce qui se fait dans une stricte discipline – sa frayeur devant le mariage ou des unions prolongées : un de ses lapsus familiers et révélateurs est de dire enterrement au lieu de mariage ou vice-versa. La cause est donc entendue depuis longtemps : sa vie amoureuse est nomade et secrète.

Joël Schmidt ne répugne pas aux honneurs : il aime les décorations et ne s’en cache pas : officier des Arts et Lettres, il espère bientôt accrocher une nouvelle « banane » à son revers de boutonnière, l’ordre du Mérite. Mais il ne porte jamais ses décorations. En fait il s’en divertit par le parcours du combattant et l’intrigue que cela suppose. Il a obtenu un certain nombre de prix littéraires (mineurs, mais appréciés dans la profession) et il en est heureux. Il est membre de comités d’associations littéraires, comme la Société des Gens de Lettres, Sofia pour les droits numériques, et le Pen Club français, dont il est vice-présidént. De toutes ces activités, qu’il accomplit bénévolement, il tire satisfaction mais ne s’y complaît pas. Comme l’argent, le travail et les honneurs font partie de la vie, ils ne doivent jamais être ostentatoires ou l’expression d’une vie de parvenu, mais l’image sereine d’une existence qui tente de s’accomplir.

Il joue du piano et de l’accordéon, passe ses vacances dans les villes, est un collectionneur de timbres, aime le monde, mais s’accommode aussi de la solitude, cultive l’amitié, et trouve encore dans l’amitié amoureuse des plaisirs d’adolescent sagement attardé.

Chronologie détaillée