Chronologie

31 janvier 1937. Naissance de Joël Schmidt à Paris. Il est né d’un père protestant, dont les origines sont françaises, belge, allemande et hollandaise, et d’une mère, catholique, dont les origines sont du centre de la France et qui a pour ancêtre un frère de sainte Marguerite-Marie Alacocque, fondatrice du Sacré Cœur de Jésus, canonisée en 1920, et enterrée à Paray-le-Monial en Saône-et-Loire.
Mars 1939. Son père, Albert-Marie Schmidt, passe sa thèse de doctorat sur la Poésie scientifique au XVI e siècle. Il a participé dans sa jeunesse, avec ses amis, Jacques Heurgon qui deviendra un célèbre étruscologue et membre de l’Institut, et le poète Jean Tardieu, tous les deux amis du lycée Condorcet à Paris, à deux Décades de Pontigny où se réunissaient les plus célèbres critiques et écrivains de son temps et il a pu côtoyer, notamment dans les étés 1923 et 1925, André Gide, Roger Martin du Gard, François Mauriac, tous les trois futurs prix Nobel de littérature.
Juin 1940. Premiers souvenirs de Joël Schmidt, ceux de l’exode. Il trouve refuge avec ses parents dans un château de Corrèze, aux environs de Beaulieu-sur-Dordogne, dont ses grands-parents maternels sont les propriétaires depuis 1936 et où il passera toutes ses vacances jusqu’en 1951, date de la mise en vente de la propriété. Son premier roman, le Fleuve des morts, paru aux Éditions Julliard en 1975, se déroulera dans cette demeure du XVII e siècle.
Années 1940-1942. Joël Schmidt déménage en 1941 avec ses parents et sa sœur, de quatre ans son aînée, pour venir habiter dans un appartement en face du jardin du Luxembourg, appartement qu’il occupe toujours soixante ans plus tard. Il subit les durs hivers de ces années de guerre, le froid, les engelures aux mains et aux pieds, les restrictions et commence sa scolarité à l’École Alsacienne où son père a enseigné entre 1936 et 1941 avant d’être nommé à l’Université de Caen en 1941. Joël Schmidt est le témoin de l’Occupation allemande, notamment de celle du Sénat qui est annexé par le ministère de l’air allemand, sous la direction du général Speerle qui bombarda Guernica au moment de la guerre civile espagnole. Il voit passer sous ses fenêtres les défilés chantants des soldats de la Wehrmacht et des SS, et il n’imagine pas, faute de souvenirs, l’avant-guerre qui lui paraît, enfant, un rêve.
Été 1942. Joël Schmidt séjourne chez son arrière-grand-mère maternelle(la grand-mère de sa mère), née en 1853, au début du Second Empire, et morte en 1945 au commencement de la Quatrième République. Il a conscience que c’est une femme qui vient de la nuit des temps, et que le temps est relatif. Plus tard il apprendra que cette vieille femme qu’il serrait dans ses bras et dont il dit dans un de ses romans « qu’elle sentait l’Histoire », a connu son grand-père, né en 1783 et mort en 1868, combattant dans la Grande Armée de Napoléon. Une révélation qui lui fera prendre conscience que l’Histoire est à nos portes et que dans un seul élan il a pu, par l’intermédiaire de cette arrière-grand-mère, rejoindre le XVIII e siècle et l’époque du roi Louis XVI.
1943-1944. Joël Schmidt est contraint de nombreuses nuits à descendre à la cave en raison des alertes et des bombardements alliés. Il fait l’apprentissage de la peur et du traumatisme psychologique qui n’est alors suivi par aucune cellule psychologique et qui n’est absolument pas pris en compte par ses professeurs qui exigent, au lendemain de ces nuits écourtées et souvent terrifiantes, que leurs élèves sachent leurs leçons, sinon ils sont sanctionnés. Il comprend vite que la vie est difficile, voir tragique, et qu’il faut savoir se battre dans un monde où l’Histoire se fait tous les jours et risque de vous dévorer ou de vous anéantir. Il lui arrive aussi d’accompagner sa mère dans les marchés pour y faire la queue parfois pendant cinq heures avant d’obtenir une livre d’aubergines. Il racontera dans un roman les années noires de l’enfant qu’il fut alors, Allemagne, j’écris ton nom, paru aux Éditions Albin Michel en 1990.
Novembre 1943. Décès de son grand-père paternel, né à Liège en 1863 et qui lui aussi avait connu son grand-père, né en 1804 à Mayence, et mort à Boppard en 1899. Ce Tobbie Schmidt raconte dans ses Mémoires, que Joël Schmidt publiera un jour, le siège de Mayence, alors sous occupation française depuis 1797, par les Alliés austro-russo-prussiens, en 1814, et comment il a vu passer Napoléon dans une revue de ses troupes. Histoire toujours, et Histoire palpable et vivante par ceux qui en ont été les témoins directs.
9 juin 1944. Joël Schmidt, depuis la propriété de Corrèze où il se trouve en vacances et où son père l’a rejoint quelques jours avant le débarquement allié en Normandie, après que son train Caen-Paris eut été mitraillé par l’aviation anglaise, voit passer la division SS Das Reich, non sans frayeur, celle qui le lendemain s’illustrera tragiquement dans le massacre d’Oradour-sur-Glane et peu après par la pendaison de 99 civils innocents à Tulle. La guerre est désormais inscrite en lui, qui apparaîtra souvent dans ses romans et qui lui donne comme un avant-goût de l’Histoire et de ses drames.
8 mai 1945. Victoire des Alliés. Joël Schmidt, sa sœur et son père se mêlent à la foule en liesse boulevard Saint-Michel. Il espère le retour dès le lendemain de l’avant-guerre et de sa prospérité. Il doit immédiatement déchanter. Mais il est gâté de chewing-gum et autres douceurs par le fils d’un professeur de l’Université de Marburg an Lahn, Leo Spitzer, grand romaniste, chez lequel ses parents s’étaient connus en 1927 et dont ils avaient été les assistants. Leo Spitzer, juif allemand, sera obligé d’émigrer en 1934 et les parents de Joël Schmidt de revenir en France. Leo Spitzer s’installera avec sa famille en Amérique d’où son fils partira pour libérer l’Europe en soldat américain : c’est celui-ci qui arrive en jeep un jour de mai 1945, et qui élèvera dans ses bras le jeune Joël Schmidt. Histoire encore.
1945-1950. Joël Schmidt poursuit sa scolarité à l’École Alsacienne, puis au lycée Montaigne à Paris. Il a la chance d’avoir des parents qui, nés au début du XX e > siècle, lui parlent beaucoup de leur passé, de leur enfance à la Belle Époque, de la Grande Guerre. Sa mère, surtout, qui fille d’un médecin militaire, général inspecteur – le propriétaire du château en Corrèze – évoquera son adolescence à Limoges où son père était médecin-chef de l’hôpital militaire, et des blessés de la guerre de 14 qu’elle allait visiter. Aux grandes vacances en Corrèze, son grand-père parlera également de cette période, et de son enfance, de sa jeunesse où il devient dreyfusard en 1898 – il a alors vingt ans – et même auparavant de l’enterrement de Victor Hugo en 1885, et du boulangisme, il est alors encore un enfant. Histoire toujours. Sa grand-mère de son côté, elle aussi fille de militaire, aime à rappeler les bals, les fêtes militaires, les défilés dans les villes de garnison où elle a séjourné avec son mari, en particulier à Avignon où est née la mère de Joël Schmidt. Celui-ci se remémorera ses conversations et les fera passer dans Je changerai vos fêtes en deuil, roman paru chez Albin Michel en 2001.
Été 1949. Voyages en Alsace et en Suisse. Joël Schmidt est stupéfait, alors que la France sort à peine de la guerre et que les tickets de rationnement viennent juste d’être supprimés, de se retrouver dans un pays qui n’a pas connu les deux conflits mondiaux, qui brille de mille feux et où roulent des voitures américaines. Il vient enfin de trouver le pays de Cocagne et l’Avant-Guerre. Dès lors il fera de nombreux séjours en Suisse, pays à son sens exotique, et qu’il ne se lasse pas encore aujourd’hui de parcourir.
Pâques 1951. Dernières vacances dans le château familial qui vient d’être vendu. Irrémédiable tristesse.
Octobre 1951. Joël Schmidt entre en classe de troisième au lycée Louis-le-Grand et commence une scolarité dans l’enseignement secondaire fort médiocre. Fasciné par un père qu’il a surnommé « le mandarin merveilleux », il n’admet pas qu’on l’arrache à ce savoir universel qu’il trouve chez lui pour le jeter dans les insipides programmes scolaires ! Une sorte de révolte, de rébellion qui se traduiront par un refus de la scolarité et le passage à nouveau à l’École Alsacienne et au lycée Lakanal, avant d’obtenir tardivement ses baccalauréats. Joël Schmidt écrira sur son père un livre, la Métamorphose du père, paru aux Éditions du Rocher en 1996, et son roman le Pavillon de l’Aurore, paru aux Éditions du Rocher en 1993 se situe au lycée Lakanal, où Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes, avait été élevé.
Été 1953. Vacances en Allemagne, avec ses parents et sa sœur, à Freudenstadt en Forêt Noire. Joël Schmidt prend alors conscience d’une manière aiguë de ses racines allemandes. Il traduira cette appartenance dans des romans dont la critique a souligné les influences culturelles germaniques et dans des essais dont des biographies consacrées au dramaturge allemand du début du XIX e siècle, Heinrich von Kleist, publiée aux Éditions Julliard en 1995, et à Louise de Prusse, la reine qui s’opposa à Napoléon, parue aux Éditions Perrin en 1996. Mais surtout il écrira à cette date de 1953 son premier roman intitulé Romantische Tragödie im Schwartzwald, heureusement jamais publié.
1955-1957. Période difficile de l’adolescence et d’échecs scolaires provisoires. Joël Schmidt connaît l’amour déçu, l’angoisse existentielle, la peur de la mort et de celle de ses parents. Il vit dans une sorte de cauchemar et d’état second. Il lit surtout Pascal, Bossuet, Chateaubriand et Baudelaire et, parmi les contemporains, les romans de Mauriac. Les portraits de ces quatre écrivains ornent alors sa chambre.
Avril 1957. Pour la première fois, Joël Schmidt assiste à un opéra. Il s’agit du Crépuscule des dieux de Richard Wagner. Depuis 1951, il écoutait à la radio chaque été les retransmissions du festival de Bayreuth avec ferveur. Dès lors il devient un passionné de ce compositeur et il publiera en 1989 dans la collection « Orphée » aux Éditions de la Différence un Lyriques de Wagner.
1957-1958. Joël Schmidt décide de tenter une licence d’histoire et de géographie à la Sorbonne. Mais en raison de son passé de médiocre élève, il prépare également le concours pour devenir professeur de musique des lycées et collèges de la ville de Paris. Car il joue depuis longtemps du piano et il est musicien – il s’est même mis à l’accordéon. Mais reçu facilement à l’examen de propédeutique il reprend confiance en lui et n’aura pas de difficulté dorénavant à passer ses examens.
Mai 1958. Joël Schmidt qui ne veut pas se destiner à une carrière de professeur, comme son père et sa sœur, devient, tout en poursuivant ses études, lecteur aux Éditions Plon. Il ne cessera plus dès lors de lire des manuscrits jusqu’à aujourd’hui, aux Éditions du Seuil, Hachette, Stock, du Rocher $Albin?. Sans doute a-t-il lu quelques 10 000 manuscrits en plus de quarante ans et rédigé quelques 20 000 pages de rapports. Ce même mois, Joël Schmidt passe son permis de conduire et aura une voiture juqu’en 1965, ce qui lui permettra de faire de nombreux voyages en France.
1958-1961. Joël Schmidt prend goût à l’histoire ancienne et notamment romaine, grâce à des études d’épigraphie latine, et aussi à un voyage qu’il a fait l’année précédente dans la Provence romaine. Il a du goût pour la langue latine qu’il considère comme une sœur de la langue allemande.
Septembre 1961. Joël Schmidt est licencié d’Histoire et de Géographie. Il prépare et rédige un Diplôme d’Études Supérieures d’Histoire sur Jérôme et Jean Tharaud, deux écrivains aujourd’hui fort oubliés, membres de l’Académie Française, amis de Bergson, de Jaurès, de Péguy, de Barrès et du maréchal Lyautey. Dans son discours devant l’Assemblée Nationale française, le Président Abdelaziz Bouteflika en 2000 a évoqué ces deux écrivains qui furent en effet des romanciers exotiques.
Pâques 1962. Ses parents achètent à Vichy un appartement pour sa sœur, Marie-France, qui vient d’y être nommée après avoir passé l’agrégation d’espagnol. Elle fera une belle carrière universitaire qu’elle achèvera à la Sorbonne. Dès lors jusqu’en 1975, Joël Schmidt passera la majeure partie de ses vacances à Vichy où là aussi l’histoire le rattrape avec Pétain et l’État français. Il réinventera cette ville d’eau dans Casino des Brumes, roman paru en 1978 aux Éditions Albin Michel.
Septembre 1962. Après avoir été dispensé du service militaire, et avec l’appui diligent de son père bien introduit dans le monde des lettres, Joël Schmidt cherche du travail dans l’édition. Il établira alors l’édition du Mémorial de Sainte-Hélène de Las Cases (Seuil) et il entreprendra bien d’autres travaux d’éditions.
1963. Commande lui est faite par La Librairie Larousse d’un Dictionnaire de mythologie grecque et romaine qui paraîtra en 1965, sera un grand succès d’édition (plus de 300 000 exemplaires vendus) et sera traduit dans de nombreux pays.
Automne 1964. Joël Schmidt devient directeur de collection de livres d’histoire aux Éditions Rencontre dont le siège est à Lausanne. Il renouera avec la Suisse, pays d’élection à ses yeux. Et il publiera dans ses collections Cléopâtre (1965) et la Dynastie des Antonins (1969).
Hiver 1965. Joël Schmidt entre comme lecteur aux Éditions Albin Michel. Collaboration aux Nouvelles Littéraires.
Février 1966. Mort accidentelle de son père.
1967. Les Éditions Rencontre, pour lesquelles travaille Joël Schmidt, publient les œuvres complètes de Georges Simenon. Ŕ cette occasion, Joël Schmidt est reçu, ainsi que la presse, à Épalinges près de Lausanne, chez cet écrivain. Joël Schmidt depuis lors n’a jamais cessé de lire et de relire les quelque deux cent romans de Simenon et considère cet écrivain, dont Gide disait qu’il était « notre Balzac » comme majeur dans la littérature. C’est en lisant les romans de Simenon, ce qu’il fait toujours trente-quatre ans plus tard, que Joël Schmidt dit avoir appris la technique romanesque, même si son inspiration et ses thèmes sont fort éloignés de ceux du créateur de Maigret.
Mai 1968. Joël Schmidt vit fort mal les événements de ce mois. Ses amis qui le savent historien s’en étonnent. Mais entre l’Histoire qui se fait et qui reste à ses yeux du journalisme et l’Histoire qui s’écrit et qui est déja passée, il y a là un gouffre que Joël Schmidt ne parvient pas à franchir.
Été 1969. Sur la terrasse de son appartement de Vichy, Joël Schmidt entreprend d’écrire les premières lignes de son premier roman qui, après bien des abandons et des reprises, sera finalement achevé en 1974.
1970. Joël Schmidt devient critique littéraire à l’hebdomadaire protestant Réforme, que son père avec quelques-uns autres, dont le pasteur Albert Finet qui en fut le directeur pendant plus de trente ans, avait fondé en 1945, et dont il était devenu des cette date le chroniqueur littéraire. Il s’inscrit à l’Association française contre la peine de mort. C’est la seule cause pour laquelle il se sent un militant. Il n’a jamais été inscrit à aucun parti politique et ses votes ont varié de la droite à la gauche et vice versa au gré des élections.
1971. La fin des Éditions Rencontre marque pour Joël Schmidt une période difficile dans sa carrière. Il multiplie alors les piges, collabore à de nombreux ouvrages collectifs parmi lesquels l’ Encyclopédie Universalis, le Dictionnaire des Œuvres, le Dictionnaire des Auteurs (aujourd’hui dans la collection Bouquins), l’ Encyclopédie Alpha, le Larousse des Jeunes, l’ Encyclopédie des Mystiques, etc. Il multiplie également les lectures dans les maisons d’éditions, et s’engage dans des ouvrages d’histoire romaine, comme Vie et mort des esclaves dans la Rome antique, publié par Albin Michel en 1973, couronné par l’Académie Française et qui sera suivi au cours des trois décennies à venir de nombreux autres livres. Séjour à Rome, la Villa Hadrienne, à Ostie.
1974. Nomination au grade de chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres.
1975. Vente de son appartement de Vichy. Publication de son premier roman, le Fleuve des morts, grâce à l’écrivain Anne Philippe, à Jean-Marc Roberts qui débute alors dans l’édition et le roman où il fera une brillante carrière, et à Sylvie Genevoix, alors directrice littéraire des Éditions Julliard.
1976. Joël Schmidt est engagé comme lecteur aux Éditions Stock.
1977. Achat d’un appartement à Trouville où il passera la majeure partie de ses vacances jusqu’en 1988. Ŕ quarante ans, plutôt casanier jusqu’à cette date, Joël Schmidt commence à voyager. Séjour à Venise.
1978. Entrée de Joël Schmidt au Pen Club français dont il est aujourd’hui le vice-président. Première croisière en Méditerranée qui sera suivi de six autres et qui permettront à Joël Schmidt de connaître les principales villes, les îles les plus célèbres et les principaux sites archéologiques du Bassin méditerranéen. Il ira jusqu’en mer Noire, à Odesssa et à Yalta, et, au Proche-Orient, visitera Jérusalem et le Caire. Il poussera, passant par l’Espagne, jusqu’aux Canaries et jusqu’à Madère. Publication de son second roman, Casino des Brumes, aux Éditions Albin Michel qui a pour cadre une ville d’eau réinventée mais où parfois on peut reconnaître Vichy.
1980. Publication de son troisième roman, la Ténébreuse chez Albin Michel qui se passe dans une ville imaginaire mais marquée topographiquement par ses séjours à Trouville sur mer.
1981. Séjour à Vienne et à Budapest. Joël Schmidt participe au Congrès international du Pen Club qui se déroule à Lyon et qui a été organisé par son président, René Tavernier. Joël Schmidt participera par la suite à d’autres Congrès internationaux du Pen Club, à Venise en 1983, a Hambourg en 1986, à Lugano en 1987, à Vienne en 1991.
1982-1985. Joël Schmidt dirige le service des manuscrits aux Éditions Stock.
1983-1990. Joël Schmidt est à nouveau lecteur aux Éditions Plon.
1983. Publication d’un petit roman dans la collection « l’Instant romanesque », dirigée par Brigitte Massot, aux Éditions Balland, la Reine de la nuit qui lui a été inspiré par les serres de la ville de Paris à Auteuil. Il est à remarquer que Joël Schmidt part toujours d’un lieu aimé ou baigné de sa nostalgie, même s’il les transforme quelque peu, pour construire ses romans et y faire vivre ses personnages.
1984. Grand Prix du roman historique de la ville de Paris pour Mémoires d’un Parisien de Lutèce aux Éditions Albin Michel. C’est le début d’une série de mémoires apocryphes que Joël Schmidt publiera au cours des quinze années suivantes : Tetricus et Victorina aux Éditions Maren Sell en 1987, le Testament de Clovis aux Éditions Flammarion en 1996, Mémoires de Constantin le Grand aux Éditions Desclée de Brouwers en 1999. Joël Schmidt commence à collaborer à l’émission culte de France-Culture, Panorama, sous la direction de son fondateur Jacques Duchateau. Cette collaboration deviendra de plus en plus régulière jusqu’à la disparition de l’émission à la fin des années 90. Il collabore également à Fréquence Protestante jusqu’en 2000. Il est nommé membre du comité de lecture des Éditions Albin Michel où il travaille toujours. Voyage en Italie, Rimini, Ravenne, Ferrare, Bologne, Ancone, Urbino, San Marino, les Marches.
1985. Publication du Flambeau des ombres chez Albin Michel qui cette fois-ci évoque une sorte de Paris antique qui resurgirait sous le Paris contemporain. Voyage en Allemagne, Lindau, Augsbourg, Ulm, Münich, les châteaux de Louis II de Bavière.
1987. Publication de Lutèce, Paris des origines à Clovis aux Éditions Perrin. Cet ouvrage reçoit le prix Cazes-Brasserie Lipp et il est couronné par l’Académie Française. Ainsi en trois ans, Joël Schmidt a publié une sorte de trilogie sur Paris, sa ville natale à laquelle il est profondément attaché. Il est notable que Joël Schmidt a un goût particulier pour les villes, et en général y passe ses vacances, trouvant que les cités et les métropoles sont sans doute l’expression du génie et de l’imagination humains, une invention totale qui n’a pas d’équivalent dans la nature. Vente de son appartement à Trouville.
1988. Promotion au grade d’officier dans l’Ordre des Arts et des Lettres.
1988-2001. Joël Schmidt va publier de nombreux ouvrages d’histoire, des biographies historiques et des essais, soit consacrés à l’Allemagne, soit à l’antiquité romaine, outre ses romans déjà cités et qui ont pris racines sur des épisodes particulières de son existence.
1989. Achat d’un appartement à nouveau à Vichy où Joël Schmidt s’exerce, au sein de deux associations culturelles de cette ville, au métier de conférencier.
1985-2001. Joël Schmidt entre dans divers jurys, prix Cazes, prix des Écrivains croyants d’expression française, prix du Premier roman, prix Méditerranée, prix Spiritualité d’aujourd’hui, prix littéraire Charles Oulmont de la Fondation de France, prix Cognac de la critique littéraire, Grand Prix de la Critique littéraire, prix Prométhée de la Nouvelle.
1992. Prix Cognac de la critique littéraire pour ses chronique littéraire dans Réforme.
1993. Grand Prix Poncetton du roman de la Société des Gens de Lettres pour le Pavillon de l’Aurore. Bref voyage en Allemagne, avec séjour à Bayreuth pour y faire une conférence, à Fribourg pour aussi une conférence, visite de Bamberg et du Titisee.
1995. Prix de l’Académie du Vernet, décerné à Vichy pour sa biographie de Kleist.
1996. Joël Schmidt entre au Comité de la Société des Gens de Lettres. Il écrit deux ouvrages sur Clovis, au moment de la célébration du dix-septième centenaire du baptême du roi mérovingien, considéré comme l’acte fondateur de la France : Clovis, Clotilde, Geneviève aux Éditions du Seuil, et les Mémoires apocryphes, déjà cités, de Clovis.
1996. Publication de la Métamorphose du père aux Éditions du Rocher.
1997. Mort de sa mère. Séjour à Madrid. Croisière sur le Rhône.
1998. Séjour à Valence en Espagne et visite dans la région des sites carthaginois et maures.
1998-2000. Joël Schmidt renoue avec les croisières en Méditerranée.
1999. Publication d’une nouvelle, le Jour de ma mère dans la collection Nouvelle aux Éditions du Rocher. Ŕ partir de cette année, Joël Schmidt est appelé dans des médiathèques et bibliothèques de la banlieue parisienne, comme Mennecy, Corbeil-Essonnes, Les Mureaux, à évoquer les rentrées littéraires ou à présenter des écrivains et à les interroger. Il se mêle davantage encore au monde et à la vie littéraires de Paris où il compte de nombreuses relations et amis. On le voit aussi, notamment lors des publications de ses ouvrages, invité, depuis une dizaine d’années dans les salons du livre de province, notamment à Brive, Cognac, Nice, Saint-Louis, Metz, Nancy, Montpellier, Colmar etc.
2000. Écrivain en résidence à Koenigshoffen, à côté de Strasbourg. Il y conçoit une nouvelle à partir des fouilles romaines de cette ville, et la publie aux Éditions du Verger sous le titre La Cour du Monde en 2001 qui constitue également les Mémoires apocryphes d’un habitant de cette ville au III e siècle de notre ère.
2001. Publication de son roman, Je changerai vos fêtes en deuil aux Éditions Albin Michel, qui, après la Métamorphose du père et le Jour de ma mère, clôt, sans qu’il en ait pris réellement conscience, un cycle romanesque autobiographique sur son père, sa mère et sa famille. Vente de son appartement de Vichy. Achat d’un appartement à Marseille, une ville chargée d’histoire antique, où Joël Schmidt a fait de nombreux séjours, et qui fête cette année la son 2600 e anniversaire. Joël Schmidt collabore à Radio-Notre-Dame pour de courtes chroniques sur les livres d’hstoire. En cette année 2001, Joël Schmidt travaille à plusieurs livres, l’un consacré à l’histoire gallo-romaine, commandé par les Éditions Perrin, un autre à ses racines allemandes ainsi qu’une nouvelle commandés par les Éditions du Rocher. Il est en pourparlers pour écrire deux essais sur la mythologie antique. Il a un projet de roman. Joël Schmidt séjourne à la fin de cette année-là au pays Basque, et notamment à Saint-Jean-de-Luz, où il n’était pas revenu depuis cinquante années. Il y poursuit la rédaction d’un ouvrage sur les Gaulois contre les Romains, la guerre de 1000 ans. Il commence avec une amie, Sylvie Taussig, romancière, essayiste, lectrice, dramaturge, normalienne et universitaire, sans doute une des femmes les plus douées qu’il lui ait été donné de rencontrer, et aussi une des plus exigeantes sur le plan intellectuel et de l’éthique existentielle, une correspondance par courrier électronique qui durera six mois et qui sera presque quotidienne. Il y découvrira comment le style électronique épistolaire représente une véritable écriture, dans l’urgence et dans l’humour. Il dédiera à Sylvie Taussig une nouvelle, la Vengeance du piano, qui paraîtra aux Éditions du Rocher en 2003, dans la même collection où avait été publié le Jour de ma mère en 1999. Il est fort possible que cette nouvelle se métamorphose un jour en roman, comme le Jour de ma mère était devenue un roman sous le titre Je changerai vos fêtes en deuil, publié au début de l’année 2001. Il participe à plusieurs interventions sur la mythologie grecque et romaine, sur le latin et sur la romanité antique dans des lycées et collèges de Strasbourg et de ses environs à l’automne, dans le cadre de l’Ami Littéraire initié par La Maison des Écrivains. Il recommencera souvent cette expérience au cours des années qui vont suivre.
2002. Joël Schmidt collabore avec Martine Le Coz, prix Renaudot 2001 pour son roman, Céleste (Le Rocher), à un beau livre, commandé par les Éditions du Rocher. En effet, Martine le Coz est aussi portraitiste aquarelliste et ce livre en commun sera consacré à une bonne centaine de portraits d’écrivains du XX e siècle, morts ou vivants, et selon le choix de l’artiste. Joël Schmidt est chargé de rédiger les légendes de chaque portrait. Un travail nouveau pour lui, qui demande, comme l’aquarelle, concision et vivacité. Il paraîtra à l’automne 2002. Joël Schmidt poursuit toujours ses activités dans l’édition, comme vice-président du Pen-Club et comme administrateur de la Société des Gens de Lettres, comme membre du comité des Éditions Albin Michel et au sein de la dizaine de jurys dont il fait partie. Il entreprend la rédaction d’un beau livre, Dieux, Déesse et héros de la Rome antique pour les Éditions Molière qui paraîtra l’année suivante et qui sera préfacé par Pierre Brunel, professeur à La Sorbonne. Il participe à diverses colloques, dont l’un consacré à Cérisy-la-Salle au poète et romancier Georges-Emmanuel Clancier, un de ses meilleurs amis dans le monde littéraire. Il interviendra sur le thème de L’Histoire dans l’œuvre de Georges-Emmanuel Clancier. Il sera particulièrement ému de se retrouver à Cérisy-la-Salle, comme un écho profond des décades de Pontigny dans l’entre-deux guerres, auxquelles son père, par trois fois, entre 1920 et 1925, participa avec ses amis Jacques Heurgon et Jean Tardieu, entourés de écrivains les plus célèbres de son temps. Ému par ce que dans le grand hall d’accueil du château de Cérisy-la-Salle se trouvent de nombreuses photographies où figurent son père et les écrivains participants aux décades. Pour des raisons de santé, il doit renoncer à une croisière qui l’aurait conduit en Libye romaine, à Corfou et à Dyrrachium. Mais il se promet de mener à bien un jour ce projet.
2003. L’écrivain se rend souvent pour y travailler dans son petit appartement du quartier du Prado à Marseille où il retrouve le silence sur un jardin intérieur tropical. Il y rédige, sur la commande de son ami Serge Koster, directeur de la collection « l’Attrape-Corps » aux Éditions de la Musardine, un ouvrage érotique, Éros parmi les dieux, consacrée aux amours des dieux, déesses et héros de la mythologie greco-romaine qui sera publié à l’automne 2003. Son ouvrage Vie et mort des esclaves dans la Rome antique est réédité par les Éditions Albin Michel qui en avait publié une première édition en 1973. L’été, il se rend en Corse où il séjourne à Ajaccio et d’où il visite les sites et villes de la région, entre autres les calanques de Piana, la réserve de Sandola, et Sartène, que Mérimée appelait la plus corse des villes corses. Il entre au jury du Prix du Meilleur livre étranger.
2004. Joël Schmidt commence la rédaction d’un livre consacré à un personnage de l’histoire religieuse chrétienne, sujet sur lequel son éditeur, directeur des Presses de la Renaissance, lui a recommandé de garder le secret. Celui-ci ne sera dévoilé qu’à l’automne 2005, au moment prévu de sa publication. A la fin de l’hiver 2004, Joël Schmidt se présente au fauteuil de Georges Vedel à l’Académie Francaise. L’élection du 25 mars est blanche qui ne réussit pas à départager les trois candidats, Dominique Bona, critique littéraire au Figaro, romancière et biographe, l’avocat Maître Paul Lombard et Joël Schmidt. Deux ouvrages collectifs paraissent au printemps de cette année auxquels Joël Schmidt a collaboré, l’un Lettres à Dieu (Calmann-Lévy) dans lequel, sous le titre «&bnbsp;Cher Dieu en dieux », Joël Schmidt cherche un syncrétisme entre monothéisme réducteur et polythéisme anarchique ; l’autre Le Dictionnaire (Éditions des Mille et une nuits) qui parut en 1988 aux Éditions Julliard, sous la direction de Jérôme Garcin, romancier, essayiste, directeur du Masque et la Plume à France Inter et directeur de la page littéraire du Nouvel Observateur, augmenté d’une préface de Jérôme Garcin, et dans lequel Joël Schmidt comme tant d’autres écrivains, a rédigé sa propre biographie à laquelle s’ajoute tout naturellement une mise à jour de sa bibliographie. Au printemps, devant le danger que représente la fin possible des études grecques et latines dans l’enseignement secondaire, Joël Schmidt participe le 15 mai à Paris à un réunion-débat autour de la défense de celles-ci, présidée par madame Jacqueline de Romilly de l’Académie Française, et auxquels prennent part entre autres des universitaires, des philosophes, des artistes, et François Bayrou, ancien ministre de l’Éducation Nationale. L’intervention de Joël Schmidt sera consacrée à son expérience d’historien non universitaire de la Rome antique et à la manière dont ses livres sont reçus dans le grand public et parmi les élèves des lycées et collèges. A la même date paraît Les Gaulois contre les Romains, la guerre de 1000 ans, aux Éditions Perrin. Au début de l’été, Joël Schmidt entreprend une croisière dans les capitales du Nord, ce qui lui permet de visiter Amsterdam, qu’il connaît déjà, Copenhague, Stockholm, Visby, Tallin et Saint-Pétersbourg. A son retour il apprend que L’Académie Française lui a décerné un de ses prix, une médaille de Vermeil pour l’ensemble de son œuvre qui lui sera remise à l’Académie le 2 décembre. Comme à l’habitude il passe au cours de l’été plusieurs semaines à Marseille, poursuivant la rédaction de son ouvrage commandé par les Presses de la Renaissance. A l’automne, Joël Schmidt est sollicité pour écrire la biographie d’un personnage célèbre de l’histoire romaine antique dont la parution est prévue à l’automne 2005 dans des conditions très particulières.
2005. Joël Schmidt poursuit ses diverses activités dans l’édition. Il fait la connaissance de Laurence Plazenet, normalienne, agrégée des lettres classiques, tout jeune maître de conférence à la Sorbonne, auteur d’éditions de Madame de La Fayette, de La Rochefoucauld, et de Saint-Réal, avec laquelle il se lie d’amitié. Il a lu en effet de Laurence Plazenet, en 2004, un premier roman, L’amour seul, qui l’a profondément séduit. Ce roman paraît aux Éditions Albin Michel en mars. Joël Schmidt en fera un compte rendu élogieux dans le journal Réforme, avant de promouvoir au mieux ce roman exceptionnel, qui se passe au XVII e siècle, dans différents jurys de prix littéraires. L’amour seul se verra attribué le prix littéraire Charles Oulmont de la Fondation de France et une Bourse Thyde Monnier de la Société des Gens de Lettres en décembre 2005. Il aura obtenu des voix au Prix du premier roman en octobre 2005, et en mars de l’année suivante, 2006, au Prix Cazes Brasserie-Lipp. Au cours du mois de juillet, Joël Schmidt voyage a travers l’ex-Allemagne de l’Est, notamment en Saxe et en Thuringe, et visite successivement les villes de Leipzig, Dresde, Magdebourg, Weimar, Eisenach, Wittenberg, Naumburg, Meissen, Erfurt, le château de la Wartburg, Halle. Ce voyage, qu’il considère comme l’un des plus émouvants, des plus riches et des plus intéressants qu’il ait jamais fait, sur les traces de Luther, de Bach, de Goethe et de Schiller, nourrira plus d’un épisode d’un roman qu’il a entrepris d’écrire à Marseille, sa ville de refuge et de respiration, à partir de sa nouvelle La vengeance du piano parue aux Éditions du Rocher en 2003. Joël Schmidt continue sa collaboration comme chroniqueur littéraire de l’hebdomadaire protestant Réforme selon une nouvelle formule : quatre livres regroupés par thème ou thématique, une fois par mois, et sur une pleine page. Au mois de septembre Joël Schmidt fait paraître un ouvrage sur saint Pierre aux Presses de la Renaissance. Au mois d’octobre c’est un Jules César qui est édité dans une nouvelle collection, « Biographies inédites » (dirigée par l’écrivain Gérard de Cortanze) chez Folio-Gallimard. L’ouvrage remportera un bon succès de vente. Joël Schmidt participe à l’occasion de ces deux publications aux salons du livre de Nancy, de Besançon, de Saint-Étienne et de Brive à l’automne 2005, puis à ceux de Nîmes et de Cahors à l’hiver 2006. Joël Schmidt poursuit jour après jour la rédaction de son roman.
2006. Joël Schmidt, après avoir retravaillé plusieurs fois son roman, qui se déroule en partie en Allemagne, sur les conseils de son éditrice aux Éditions Albin Michel, ainsi que de deux autres lectrices, l’une, intérieure à la maison d’éditions, l’autre, romancière elle aussi, en donne une version définitive en mai.
Le roman paraîtra sans doute au début de l’année 2007. Dans le même temps il prépare un ouvrage sur Marseille pour la collection du Petit Mercure, Le gout de Marseille, aux Éditions du Mercure de France, qu’il doit remettre en septembre. Il entreprend également la documentation pour un ouvrage sur Cléopâtre qui doit être publié, comme Jules César, chez Folio Gallimard, biographies inédites, et qu’il doit rendre a l’éditeur en janvier 2007. Il commence au début du mois de mai avec une amie, Alexia Drancourt, un roman épistolaire entre un frère et une sœur de la trentaine. Les deux écrivains ont conçu un scénario initial assez souple pour que le roman puisse aussi compter sur l’improvisation des deux correspondants. Il est prévu qu’ils s’adressent une ou deux lettres par semaine. Du 21 mai au 28 mai, Joël Schmidt participe au 72e Congrès du Pen Club International à Berlin. Le retour dans cette ville, qu’il avait visitée pour la premiere fois dix neuf ans auparavant, avant la chute du Mur, est lourd d’émotion. Il peut se promener librement en des lieux jadis interdits, et pourtant les plus symboliques de l’Allemagne royale, impériale et républicaine : La porte de Brandebourg, l’ensemble monumental du XVIII e siècle autour de l’Université Humboldt, la Gendarmen Markt avec notamment, l’Église des Français, lieu de culte au XVIII e siecle des huguenots français chassés de leur pays par la révocation de l’Édit de Nantes, le Kunsthaus construit par Schinkel en 1819 dans le style néo-classique. Il y assiste a un concert donné dans la grande salle aux quatorze lustres et à l’acoustique exceptionnelle où les plus grands compositeurs allemands du XIX e siècle se sont produits. Il savoure avec d’autant plus d’intensité ce moment que la scène finale de son prochain roman se passe dans cette salle même où le personnage principal donne un récital de piano. Il revoit la colonne de la Victoire qui célebre la défaite des armées de Napoléon III devant celles de Guillaume I er. Il se promène à nouveau dans le parc de Charlottenburg et se recueille devant la tombe de Louise de Prusse dont il écrivit en 1995 la premiere biographie en français, se souvenant de sa premiere visite en 1987. Il passe une matinée au château de Sans-Souci a Postdam et y admire en particulier le rococo des salles de Frédéric II et la chambre de Voltaire avec ses fleurs, ses fruits et ses oiseaux exotiques en stuc et en relief. Il visite le quartier de Kreuzberg qui a miraculeusement conservé quelques immeubles de style wilhelmien, tel qu’ils existaient nombreux dans la ville de Berlin avant la Seconde Guerre mondiale et il fait le tour d’un monument votif de style gothique, construit sur une petite colline berlinoise, qui célèbre les victoires des Alliés contre les soldats de Napoléon, notamment à Leipzig, à Bar-sur-Aube et à Paris, ainsi que la constitution de la Belle Alliance ainsi gravé sur l’airain pour désigner la Sainte-Alliance.
Il se promène dans le Tier Garten, il revoit le Reichstag et sa devise Den deutschen Volk, et remet les pas dans les pas de sa visite précédente qui lui avait inspiré son roman, Allemagne, j’écris ton nom. Avec les congressistes, il est reçu par le maire de Berlin, puis à la Chancellerie par la Chancelière de la République fédérale, Angela Merkel, tandis que dans la salle du Congrès, le président de la République fédérale et Günter Grass, Prix Nobel de littérature, qu’il avait vu au congrès du Pen Club à Hambourg en 1986, prononcent un discours sur la vocation cosmopolite de la ville de Berlin. Il reprend le train dans la nouvelle gare monumentale, cathédrale de verre et d’acier, inaugurée la veille. Il s’arrête une heure au pied de la cathédrale de Cologne et de ses dentelles de style gothique flamboyant. Une fois de plus s’est poursuivie entre ce pays et lui une complicité affective étrange et inspirante. Il n’est pas innocent que dans le roman épistolaire, le personnage principal masculin, dont il écrit les lettres, enseigne la mythologie a Berlin où il s’est réfugié pour échapper a une situation familiale difficile en France.
2006.Sitôt rentré à Paris de son séjour berlinois, Joël Schmidt reprend ses activités dans l’édition, revoit d’anciens amis du lycée Lakanal, perdus de vue depuis un demi-siècle, tel Pierre Guinle qui figurait en 1993 dans son roman Le Pavillon de l’Aurore, tel Bernard Marguerite, fils d’un député socialiste de la fin de la IVe République, ce qui lui permit en 1956 d’assister à sa première séance à l’Assemblée Nationale, lors de l’invalidation des députés poujadistes et d’y remarquer un jeune député, âgé alors de 28 ans, Jean-Marie Le Pen. Mariée à une polonaise, Bernard Marguerite a fait une carrière de journaliste et il entendait souvent sa voix comme correspondant à Varsovie d’Europe N° 1 au moment de Solidarnosc au début des années 80. Joël Schmidt, à la lumière de sa récente expérience berlinoise, corrige et amende son roman qui est remis à l’éditeur et qui paraîtra en 2007.
Tout en séjournant une partie de l’été à Marseille, il s’installe une quinzaine de jours à Bastia, visite quelques villes de la Corse intérieure et profonde et fait le tour du cap Corse dont il admire la splendeur sauvage et protégée. Il achève la rédaction de son petit livre sur Marseille, Le goût de Marseille. La rentrée littéraire, la remise du prix Méditerranée à Perpignan, celle du prix Prométhée de la Nouvelle à Lourdes ponctuent ses activités éditoriales. Il continue à rédiger son ouvrage sur Cléopâtre pour la collection « Folio Biographies Inédit » (Gallimard), dirigée par Gérard de Cortanze, où il a publié en 2005 un ouvrage sur Jules César.
2007. Publication en mars aux Éditions Albin Michel de son roman, Heureux qui la verra dans cette autre lumière, qui a pour matrice sa nouvelle La Vengeance du piano, et en avril de son petit livre sur Marseille au Mercure de France. Participation à quelques salons du livre en France. Dans le même temps, après quelques remaniements, son manuscrit sur Cléopâtre est accepté. En juillet, après un projet ajourné d’un séjour à Malaga, voyage une nouvelle fois en Suisse, en ayant pour base Lausanne. Toujours ce sentiment de se retrouver dans un pays exotique, loin de tout, pas même européen, au point qu’un de ses amis qui partage la même impression que lui, affirme, parlant de la Suisse : «  Il n’est pas besoin d’aller loin pour se sentir très loin ». Retourne comme un pèlerinage aux temps de son adolescence aux Diablerets et pour la magnificence du paysage, à Zermatt, entre autres. Puis vacances dans son appartement de Marseille où il rédige un Saint- François d’Assise commandé par les Éditions Desclée de Brouwer, ayant accumulé pendant tout le printemps les documents nécessaires. Retour à Paris, participation à la rentrée littéraire, aux jurys des nombreux prix dont il fait partie, aux conseils d’administration de la SGDL, et aussi à l’Académie de l’Art de vivre, fondée au début des années 60 par Pierre Benoît et qui comprend aussi 40 sièges.
2008. À la fin de l’hiver 2008, remise de son manuscrit sur Saint-François d’Assise à l’éditeur qui lui demande d’accentuer sa thèse sur le Poverello, à savoir que celui-ci, au XIIIe siècle, peut être considéré, par maints de ses écrits et des enseignements de sa vie, comme une sorte de pré-réformé avant la lettre. Au début de mars, Joël Schmidt replonge pendant dix jours dans son paradis helvétique, encore très hivernal avec toujours la même jouissance. Au début du mois d’avril 2008, Joël Schmidt se présente au fauteuil de Bertrand Poiroit-Delpech à l’Académie Française, mais il retire bien vite sa candidature devant celle du critique d’art Jean Clair qui sera d’ailleurs élu le 22 mai au premier tour. Publication à la fin du mois de mai de son ouvrage sur Cléopâtre chez Folio Gallimard. Il publie également au milieu du mois de juin Le Sortilège allemand, une sorte de retour à ses sources germaniques dans un texte qui mêle archives familiales, généalogies et narrateur, son double réel et rêvé en même temps. Un livre qui peut avoir un côté provocant et susciter la polémique ou des débats : peu importe à l’auteur, l’âge, se dit-il, lui donne désormais presque tous les droits. Il s’apprête dans la seconde quinzaine de juillet à faire une croisière à la fois fluviale et maritime dans le sud de l’Espagne et du Portugal, en faisant étape à Madrid aller et retour, avec des escales à Séville, à Cordoue et des excursions à Cadix et à Grenade, ainsi qu’une visite de Tanger. Il connaît la plupart de ces villes espagnoles, mais d’autres visites notamment à San Lucar de Barameda et à Xerès sont aussi prévues. L’Andalousie reste pour lui une terre de prédilection, et comme il le dit toujours un pays où il est certainement né dans une vie antérieure, avec ses vieux compagnons, comme le philosophe Sénèque de Cordoue et l’empereur Trajan de la Bétique.
Les six premiers mois de cette année 2008 ont été aussi consacrés à la méditation d’un roman qu’il porte en lui depuis 1940 et qui enfin résoudra la genèse de sa gémellité perdue. Il lui semble tenir là « son » sujet. Il a pris des notes, il s’est renseigné sur un personnage féminin capital dans sa vie et qu’il n’a pourtant vue qu’une seule fois lorsqu’elle avait trois ans, et qui ne s’en doute pas. Il a réussi à repérer où elle vit, a trouvé des précisions sur elle sur des sites d’internet. Si elle porte son prénom au féminin, il sait que ce n’est pas par hasard. Ainsi va bientôt débuter un roman à la fois vécu, imaginé et rêvé qui viendra s’ajouter à tous les thèmes du double qui hantent Joël Schmidt et qui ne sont pas innocents en raison de sa naissance qui n’aurait jamais du être solitaire en 1937.
En été, Joël Schmidt entreprend son voyage prévu en Andalousie par voies fluviale et maritime. Séjour ensuite dans son appartement de Marseille où il met le mot fin à son roman sur la jumelle perdue. Il remet son manuscrit à son éditrice chez Albin Michel en octobre 2008, et grâce à ses conseils, il le remanie en supprimant nombre de pages répétitives. Il a le sentiment alors, une fois achevé totalement son roman, qu’il vient de fermer une boucle romanesque dont il ne sait pas si elle se rouvrira un jour. En onze romans, il a le sentiment d’avoir cherché à écrire ce roman-là, en prenant des masques, en les ornant de fantastique et d’onirisme, en tentant de se cacher sa vérité. Il ose la dire, passé soixante-dix ans. Il rédige un Alexandre le Grand pour la collection où sont parus César, puis Cléopâtre. Il se représente sans succès au fauteuil du cardinal Lustiger, s’entendant dire lors de sa visite à Maurice Druon qui devait mourir quelques mois plus tard : « Ah, comme ce serait bien qu’un protestant prononce l’éloge d’un cardinal sous la Coupole ». Il a avec alors le Secrétaire Perpétuel honoraire une conversation sur la place des protestants à l’Académie qui est presque une tradition et qui ne paraît plus à ce jour respectée. Il entre dans le Who’s Who in France.
2009. Il décide de mettre en vente son appartement de Marseille pour des raisons financières, mais aussi parce qu’il ne voit plus l’utilité d’avoir à son âge une résidence secondaire. Cette vente sera effective en septembre. Il entreprend en juillet un voyage par rail, car, train et bateau de Paris au Portugal, avec deux arrêts à Madrid, une ville dont il ne se lasse pas d’admirer les avenues grandioses, les grandes places, les vieux quartiers, les jardins. De Madrid il gagne Lisbonne en car, visite cette ville mythique, cette sorte de petite San Francisco, puis gagne Coïmbra et sa célèbre Université, et enfin Porto et ses vieux quartiers au bord du Douro où il embarque pour une croisière de cinq jours qui le conduira jusqu’à la frontière espagnole, dans un site perpétuellement majestueux où se mêlent les paysages sauvages ou escarpés, les larges espaliers des vignes de Porto. Il fera quelques excursions dans des villes voisines et dans des manoirs de rêve. Il pousse alors jusqu à Salamanque, ville universitaire de renommée mondiale depuis le Moyen Age, et va s’asseoir près d’un intact pont romain qui franchit le fleuve Tormès. Puis retour par le train exclusivement vers Porto, Lisbonne, Madrid et Paris.
Déménagement de Marseille en août. Joël Schmidt commence la rédaction d’un Néron assez singulier pour une collection qui prend à contre-pied les légendes sur certains personnages ou certains faits historiques. Il entend démontrer que Néron n’est ni le monstre ni l’histrion dont les historiens grecs et romains ont fait le portrait, portrait que les chrétiens, persécutés sous son règne, ont poussé jusqu’à la caricature. En septembre est publié un ouvrage, Le Christ et César, analyse thématique de trois siècles de coexistence et d’affrontement entre le christianisme qui vise à l’universalité et l’empire romain dont l’idéologie est semblable. En octobre est édité son ouvrage consacré à Alexandre le Grand, tandis que la collection de poche Tempus chez Perrin accueille son livre sur Lutèce, Paris des origines à Clovis. Correction dans le même temps des épreuves de son roman qui paraîtra au début de janvier 2010, un moment qu’il attend comme capital dans sa vie personnelle et littéraire. Il s’inscrit pour juillet 2010 à une croisière-voyage qui doit le conduire à Passau, Vienne, Budapest, Bratislava, Prague, puis retour en Autriche avec visite de l’abbaye de Melk et de la ville de Linz. Il connaît déjà Vienne où il a séjourné en 1981 et en 1991, et Budapest où il a passé trois jours en 1981 mais encore sous domination soviétique.
Toujours en activité, membre du comité de lecture des Editions Albin Michel, toujours critique littéraire à l’hebdomadaire Réforme, il continue à participer à de nombreux prix, une douzaine soit comme juré, soit comme secrétaire, soit comme président et participe à de nombreuses foires, fêtes et salons du livre en France. Mais il ne fait plus partie du conseil d’administration de la Société des Gens de Lettres depuis juin 2009, pour des raisons sur lesquelles il entend ne pas se prononcer mais qui ne tiennent à aucune inimitié ni à aucun conflit avec ses collègues qui sont restés tous ses amis. Il voit s’élargir en prenant de l’âge le cercle de ceux-ci, trouvant alors dans la seconde moitié de son existence, déjà bien entamée, de nouveaux plaisirs dans ces nouvelles relations. Il est à la fin de l’année 2009 en train de rédiger un projet d’une Histoire utopique de la France qui commence au milieu du XVIe siècle et s’achève à nos jours. Il en a établi déjà le synopsis à peu près complet. Son éditeur lui demande le secret absolu sur cette idée qui projette la France dans une autre Histoire qui a failli raisonnablement se produire et qui en aurait fait une autre France et sans doute un autre monde.
2010. L’année 2010 aura débuté par la publication en janvier du roman de Joël Schmidt, Un cri pour deux, aux Éditions Albin Michel. Un roman qui cette fois-ci, après dix autres romans où est toujours évoqué le thème autobiographique de la jumelle perdue, raconte cette histoire dans sa réalité et dans l’imaginaire, mais sans le masque du fantastique, de la symbolique ou de l’emblématique. À tel point que Joël Schmidt a eu le sentiment que c’était son premier roman, celui autour duquel il avait, pendant trente-cinq ans, tourné sans jamais franchir le pas de l’aveu, le plus important assurément de ses romans qui clôt toute « une histoire », mais pas forcément le meilleur. D’où cette étrange impression que la veine est tarie, que le goût d’écrire des romans est sans doute provisoirement suspendu, qu’il faut passer à autre chose. La presse a été élogieuse, avec des beaux articles de Jérôme Garcin dans le Nouvel Observateur, de Mohamed Aissaoui dans le Figaro, de Stéphanie des Horts, une double page, dans Valeurs Actuelles et dans le Magazine des livres, de Jean-Maurice de Montrémy dans Livres Hebdo, etc. Joël Schmidt a publié un autre livre, Néron, monstre ou visionnaire chez Larousse en 2010, et quatre autres livres sont en cours de rédaction, sur lesquels il préfère rester discret jusqu’à leur publication : l’un, achevé, consacré à un personnage de la Révolution, hanté par l’histoire romaine et antique, un autre consacré aussi à l’Histoire romaine mais en la ciblant sur des personnages féminins, un troisième qui sera une sorte d’Histoire de France utopique où le protestantisme tiendra un rôle premier, et un quatrième en cours d’achèvement qui a été rédigé via un courriel entre Joël Schmidt et une autre personne, une correspondance en sommes sur un thème que, pour le moment, les auteurs tiennent à tenir secret.
Comme à l’habitude, Joël Schmidt a participé aux réunions des principaux jurys dont il fait partie, parfois comme président, parfois comme secrétaire. Et aux comités de lecture des Éditions Albin Michel, pour lesquelles il est toujours en activité.
Côté loisir, il a séjourné quelques jours à la fin du mois de mars à Saint-Malo où il n’était pas retourné depuis vingt-trois ans, aimant cette cité corsaire, et tout dévoué à la mémoire de Chateaubriand qui fut le premier écrivain de réputation qu’il ait lu dès l’âge de 13 ans, ayant passé une nuit à Combourg en 1952, et n’ayant pas changé d’avis depuis sur L’Enchanteur, son écrivain toujours préféré. Il a, comme annoncé dans la chronologie 2009, fait la connaissance de Prague et de Bratislava, quelque peu désarçonné en plein mois de juillet par le nombre de touristes, notamment à Prague, mais aimant son baroque et aussi le souvenir de Mozart. Il a descendu le Danube de Linz à Budapest, en passant par Vienne. Il avait déjà séjourné à Vienne en 1981 et en 1991, mais il a été surtout heureux de revoir la maison de Sigmund Freud. A Budaspest, qu’il n’avait pas revu depuis 1981, il a certes trouvé une ville toute blanche et toute repeinte, par rapport aux souvenirs qu’il en avait du temps de Janos Kadar et de la République démocratique hongroise, et a pu se promener dans des rues piétonnières grandioses, visiter le Parlement, et surtout la plus grande synagogue du monde après celle de New York. Un temps chaud et enchanteur, et la nostalgie de la Mittel Europa et de Stefan Zweig l’ont accompagné durant tout ce voyage réussi, et qui s’est achevé à Strasbourg. Il a au moins d’août passé huit jours en Suisse, pour en sillonner les lacs en bateaux à roues comme il aime le faire très régulièrement. Il a reçu en juin, ex æquo avec François Emmanuel, membre de l’Académie Royale de langue et littérature de Belgique, le grand prix de littérature de la Société des Gens de Lettres et en juillet dans les promotions et les nominations du 14 juillet, le grade chevalier de la Légion d’honneur. Que peut-il demander de plus ? Il arrive qu’à un certain âge, voir à un âge certain, on a besoin d’honneur et de reconnaissance. Il a le sentiment qu’il a eu l’un et l’autre et en remercie à la fois ses pairs et la nation. Désormais il se sent apaisé.
Il s’est lié en cette année 2010 à de nouveaux écrivains qui lui avaient fait l’honneur de prêter attention à son dernier roman, notamment. Mais il reste particulièrement lié à Gérard de Cortanze, à sa femme Patricia et à leur fils Raphaël, et ce n’est pas un hasard si c’est Gérard de Cortanze, qui poursuit une remarquable carrière, qui lui a remis les insignes de chevalier de la Légion d’Honneur. Il a été enfin quelque peu choqué que l’Académie Française ait imposé une limite d’âge pour être élu, alors qu’on ne parle que d’espérance de vie en augmentation. Il trouve que la plus ancienne institution de la France et une des plus prestigieuses n’aurait pas dû se livrer à ce genre de discrimination qui lui paraît de plus inconstitutionnelle. Il lui sera donc impossible, ayant 75 ans dans un an, de se représenter à l’Académie, comme il l’a fait par deux fois. Il le regrette d’autant plus qu’il avait une particulière amitié et une immense admiration pour Jacqueline de Romilly, décédée récemment, et qu’il trouvait qu’un latiniste aurait bien plus saluer une helléniste sous la Coupole. Voilà donc un résumé succinct d’une année. Celle qui vient sera tout de même marquée par la publication de trois livres et par un projet de connaître un coin de la Corse, un des plus beaux paysages du monde, qu’il ne connaît pas, du côté de Calvi en l’été 2011.
2011. Cette année n’a pas été marquée par des événements dignes d’être sauvés de l’oubli, mais par la publication de trois livres et par la préparation de trois autres à paraître en 2012 et 2013. Les trois livres publiés cette année se trouvent sur le site ; ils ont eu, pour Robespierre, un succès moyen, pour La Saint Barthélémy n’aura pas lieu, Et si la France était devenue protestante, une sorte de rejet, notamment en raison de son mauvais titre, alors que j’ai réécrit trois siècles et demi d’Histoire de France dans cette optique d’une France protestante, et aussi en raison de l’attitude hostile… des protestants auxquels j’offrais pourtant le pouvoir. Mais c’est bien connu, la posture minoritaire critique, surtout quand on a le pouvoir de l’argent dans les banques et les entreprises notables, est bien plus confortable que le gouvernement d’un pays. De plus comme mon hypothèse, ou Histoire uchronique ou Histoire alternative, chère aux Anglo-Saxons et parfaitement incomprise par la France bloquée dans son carcan cartésien, excluait les guerres de religions et les persécutions diverses subies par les protestants, finis les martyrs sous les coups des catholiques intégristes et terminés les Camisards, les victimes en exil de la Révocation de l’Édit de Nantes, ce qui a dû être insupportable à plus d’un protestant. En revanche Et que Le Désir soit, Lettres entre un homme et une femme, en collaboration avec l’écrivain Cécilia Dutter, a été bien reçu comme un essai épistolaire, une forme littéraire nouvelle, et comme une osmose entre Désir dans tous ses états et spiritualité.
Les trois autres ouvrages sont soit en cour d’achèvement, Femmes de pouvoir dans l’antiquité romaine pour les Éditions Perrin, parution en mars 2012, soit terminé, Naissances et morts des Républiques françaises, Desclée de Brouwer, à paraître en avril 2012, sans oublier la mise en route d’une biographie consacrée à l’empereur Hadrien pour les Éditions Perrin, à remettre en décembre 2012.
Me fiant aux données météorologiques anciennes, j’ai séjourné huit jours à Nice en février dans le cadre du Carnaval : cinq jours sans discontinuer de pluie. Pour les vacances d’été, après un échec pour une croisière dans l’Adriatique en juillet qui m’aurait permis de connaître entre autres Dubrovnik et Corfou, un séjour de huit jours à Trouville au début d’août où j’ai mes habitudes, ayant eu une résidence secondaire dans cette ville de 1977 à 1988, par le froid et la pluie, qui s’est terminé par la remise, à Cabourg, du prix Cabourg du roman, jury dont je fais partie, au cinéaste Patrice Leconte pour son roman Riva Bella. Puis dans la seconde quinzaine d’août, enfin un ciel sans nuage et une mer chaude à Menton, bourrée d’Italiens bruyants avec leur entourage de bambini insupportables.
La rentrée n’a été que studieuse, marquée certes par des salons du livre, notamment à Brive, à Cognac, à Évreux, à Boulogne-Billancourt où Et que Le Désir soit est le livre qui s’est le mieux vendu. Toujours lecteur de manuscrits, en ma qualité de membre du comité de lecture des Édition Albin Michel, j’ai peu à peu réduit mes activités de critique littéraire à l’hebdomadaire protestant Réforme où je chroniquais depuis 1966. 45 années, nous avons trouvé d’un commun accord qu’il était temps que je passe la main. Il n’est que de voir ma date de naissance pour comprendre pourquoi. Mais j’espère fournir tous les mois une petite chronique sur un livre qui m’aura particulièrement plu. C’est en cours de négociation.
J’ai terminé l’année, ce qui devient presque une agréable habitude, sur le bateau fluvial « Princesse d’Aquitaine » amarré à Bordeaux, qui m’a conduit à Pauillac et de là dans une tournée dans le Médoc, avec la route des châteaux, puis à Libourne, saluons son maire, Gilbert Mitterrand, et la route des châteaux des crus de Saint-Émilion avec à chaque fois un guide de tout premier ordre. Le réveillon s’est passé un peu dans la surprise, puisque j’ai retrouvé des personnes avec lesquelles je m’étais lié d’amitié lors de ma première croisière sur le Rhin et qui depuis lors, mais sans me le signaler, m’avaient fait l’amabilité de continuer à lire mes ouvrages.
Malgré mes bientôt trois quarts de siècle, la santé s’est maintenue, la passion de lire et d’écrire aussi. Des amitiés sont nées, d’autres se sont renouvelées, trois femmes ont été mes Muses attentives et fidèles, Cécilia Dutter, co-auteur de Et que le Désir soit, et dont l’ouvrage sur Etty Hilsum (Éditions Laffont) a été un succès mérité, Stéphanie des Horts qui va faire paraître chez Albin Michel un nouveau roman, Le Diable de Radcliffe Hall, toujours axé sur une sorte de satire drolatique et terriblement british de la société de la Grande Bretagne, en février 2012, et qui est succulent, et Ariane Bois qui a publié un roman, Le Monde d’Hannah, magnifiquement intégré à sa personnalité aussi belle qu’attachante, qui se passe pendant la guerre du côté du quartier Popincourt, lors de la grande rafle des juifs, aux Éditions Laffont. Si je parle de ces trois femmes, c’est qu’elles auront été ma consolation, et que ce furent trois amies merveilleuses qui m’ont permis de supporter la laideur du monde. Finalement j’ai terminé l’année 2011, heureux comme peut l’être le profond mélancolique que je suis qui s’exprime par l’écriture et vit par l’hyperactivité.