Mémoires de Constantin le Grand

Desclée de Brouwer, 1988

ISBN 2220042855, 298 pages, 18,29 €

Au soir de sa vie, face aux rives du Bosphore, l’empereur Constantin le Grand (280-336) dicte ses Mémoires et revient avec nostalgie sur le temps qui s’écoule. A la charnière de deux mondes, l’antique et le médiéval, son règne fait basculer l’Histoire et l’ouvre à d’autres horizons. Élevé dans des camps militaires mais instruit par la philosophie grecque, Constantin sait discerner, dans ces temps de tension extrême et de persécutions, l’agonie du paganisme romain et l’avènement d’une religion nouvelle, susceptible de régénérer un empire moribond : le christianisme. En filigrane, sa vie révèle aussi le glissement du pouvoir qui s’opère alors vers l’Orient, vers Constantinople et la future civilisation byzantine…
À travers ces Mémoires fictifs, vaste fresque historique où s’enchevêtrent tragédies privées et drames publics, activités militaires, civiles et conversion révolutionnaire, Joël Schmidt redonne vie à un règne mouvementé et au cheminement d’une existence. Au fil de ces pages, on découvre le vrai visage de Constantin le Grand, symbole devant l’Histoire de l’alliance du christianisme et de l’Empire, de l’État et de la religion, pour le meilleur et pour le pire.

« En rédigeant les Mémoires de Constantin le Grand, en m’assimilant à ce souverain capital qui reconnut le christianisme dans l’empire romain il y a près de dix-sept siècles — décision dont nous sommes toujours tributaires —, j’ai le sentiment à la fois jubilatoire et téméraire d’avoir tenté, selon l’expression de l’historien Michelet, de franchir le fleuve des morts, c’est-à-dire du passé. En me revêtant en quelque sorte de l’existence d’un homme politique qui gouverna l’univers et mourut en 337, en le faisant parler à la première personne par ma voix écrite, en le suivant dans sa vie privée agitée et cruelle — il tua son fils aîné et son épouse &mdash et sa vie publique — guerrier et administrateur hors pair, il fut notamment le fondateur de Constantinople —, j’ai tenté de garder la mesure entre document précis et imagination plausible, entre réalité confirmée et fiction possible. Depuis soixante-six ans, aucun ouvrage sur Constantin le Grand n’avait été publié en français par un Français. Je suis heureux d’avoir pu donner la parole à cet empereur, même si je sais, avec modestie comme avec orgueil, qu’elle est ma parole d’historien : j'espère qu'on lui fera confiance ! »