Le royaume wisigoth d’Occitanie

Éditions Perrin, 1989 ;réédition 2008, collection « Tempus »

ISBN 226202765X, 194 pages, 8,50 €

Joël Schmidt est parvenu à raconter avec vie et clarté des temps apparemment obscurs. Pendant près d’un siècle, de 418 à 507 de notre ère, les Wisigoths, qui ont participé en 410 au sac de Rome dirigé par leur roi Alaric, occupent le sud-ouest de l’actuelle France, avec l’accord explicite des empereurs romains, incapables de défendre ce vaste territoire, qui s’étend de Poitiers à Narbonne et de Bordeaux à Clermont-Ferrand, puis atteindra la Provence et l’Espagne, contre d’autres envahisseurs, Huns, Vandales, Burgondes et Francs.
Venus d’Orient, les Wisigoths, guidés par de remarquables rois (Théodoric I er, Théodoric II, Euric), tout en imitant les institutions romaines ou en les conservant, vont introduire dans cette France méridionale une civilisation originale et relativement tolérante dont la capitale sera Toulouse. Pratiquant avec Rome une diplomatie guerrière tantôt prudente, tantôt téméraire, les souverains wisigoths en seront soit les alliés, soit les adversaires selon leurs intérêts stratégiques et commerciaux. Ralliés à l’hérésie chrétienne de l’arianisme, ils se heurteront aux évêques catholiques, tout-puissants dans les villes, cinquème colonne remarquablement organisée que Clovis utilisera avec génie lorsqu’il fera la conquête définitive du royaume wisigoth, en 507.
Repliés à Barcelone et à Tolède, les Wisigoths auront laissé sur le sud-ouest de la France une empreinte qui persiste encore de nos jours à travers les monuments et la toponymie.